Extraits de :

Des figues contre un mur de barbari

Un homme est heureux s’il vit avec le regard qui porte là où est enterré son cordon ombilical.

 L’enfer c’est le paradis en friche, le paradis sans les soins et l’amour de ceux qui en jouissent.  Il faut parfois écouter l’autre au cœur de sa douleur sans se préoccuper des habillages et autres prétextes.

L’horreur est dans les actes, pas dans le récit des actes. Seuls les poèmes peuvent dire l’indicible car ils vont au cœur des rêves des hommes, sans compromission.

S’ils nous volent même nos nuits, quels rêves pourrons nous habiter ?

Si nous comptons nos malheurs, ils enflent et se multiplient, si nous les mettons en poème, la poésie en éclaire la cime et permet qu’on passe au dessus.  Toute morale est paradoxale dans son essence même, le but réel de l’énonciateur est l’inverse exact, en miroir, des principes qu’il exige d’autrui.

Ce qui unit la victime et le bourreau, c’est la tentation forcenée de vérifier qu’un être humain peut avoir tout pouvoir sur un autre et que c’est parfaitement impossible.

Dans le politique comme dans l’intime, la question dramatique de l’humain est de savoir comment exister sans éliminer l’autre ou être éliminé par lui. Si les races existent aucune n’a le monopole de la barbarie ni de la victime. Le terme même d’antisémitisme est un terme raciste, laissant entendre qu’une race ne serait que victime.

Comment peuvent-ils se servir de ce qu’ils ont souffert pour nous imposer la même souffrance ? 

Le pays que nous voulons aura couleur et religion de chacun de ses habitants.

Il n’est pas triste de mourir quand c’est un acte vivant.

 Il décidera sa mort s’il ne peut décider sa vie, il sera enfin maître de sa vie.

Vivre c’est écrire son propre destin, c’est dessiner son chemin. 

Extraits de :

Une femmes, nouvelles au féminin pluriel 

Au commencement était le Désir.

Toute angoissedans une encre sympathique révélée au feu de l’amour,  peut mettre au monde la merveille d’un fantasme érotique.

Car la beauté est avant tout une relation, elle n’appartient à personne et n’existe que lorsque celui ou celle  qui en a la nue-propriété rencontre celui ou celle qui en aura la jouissance. 

L’absencece temps précieux où l’on peut inventer l’Aimé tel qu’on l’aime.

Ecrire, c’est toujours réécrire, réécrire sa vie. …et Dieu n’a pas de nombril.

Car si un amour peut être mortel, au masculin,  immortelles seront leurs amours. Plurielles !

Car l’essence même de mon plaisir à la femme que j’étreignais était la présence de l’homme qui le réfléchissait. La jouissance d’elle ne pouvait se lire qu’au regard de lui.

 Si toute histoire d’amour est le choc de deux inconscients, alors la rencontre d’Anne et Seïféddine est le paradigme d’une histoire d’amour.  Mais tandis qu’au bout de nos bras levés notre violence se déchirait, dégageant le mot vie, tandis que les pavés s’envolaient, sous nos pieds déferlaient les vagues.

Mai 68, c’est pour toujours.

Pour lui elle avait défié les convenances, elle avait fait un pari que tout son entourage condamnait ou regardait avec méfiance. Elle vivait son amour sur une île déserte. 

Extraits de :

Lapis lazuli, un hiéroglyphe à double lecture.

L’art n’a sa source et son aboutissement que dans l’acte d’amour.  Avoir de l’ambition en amour, n’est-ce pas là une gageure impossible ?

L’art est bien ce pont entre le ciel et la terre, entre le réel et le rêve.

C’est toujours la même question que pose l’homme : Qui es-tu, qui suis-je ? Et malgré ses habillages variés  la réponse est toujours la même : Semblable et différent. L’homme est un voyageur qui court vers l’avant alors que c’est son passé qu’il poursuit.

J’écris contre l’oubli, pour ne pas oublier qui je suis.

Je veux  lancer des pierres dans le champ de la pensée.

Le bleu c’est les ténèbres touchées par la lumière Car le savoir doit toujours douter du savoir, des vérités énoncées, de la pensée toute prête. Il n’est qu’une lueur portée sur la nuit.

Il ne suffit pas de vivre, il faut être. Etre quelqu’un, être unique, être soi.

 Tout amour est rencontre de l’étrange et de l’étranger. J’ai voulu  peindre le réalisme ordinaire de l’humain face à l’extraordinaire de la jouissance, la laideur de l’homme face au lotus aphrodisiaque aux mains de la femme.   Les êtres humains ne font que traîner leur misère entre deux temps de jouissance et cette jouissance même, c’est leur misère transcendée.

La jouissance se tapit derrière l’obscénité des disputes amoureuses et des cris de rage et s’en nourrit.

Qui es-tu ? Qui suis-je ? A nouveau sont posées ces questions qui tuent l’amour. 
 

Extraits de :

Les légendes du Chat

Tout mythe est une trame sur laquelle se tisse une toile socioculturelle avec les fils de la vie intime du conteur.

Voilà que vient de lui une histoire qu’il ne connaît pas lui-même.  Dieu s’est suicidé dans sa vie.

Aime ton prochain, donc pas ton lointain, donc pas Dieu. Logique. 

Dieu est une légende. En les tuant, c’est leur douleur d’avoir perdu leur mère qu’il avait tuée. 

Mais les légendes courent et vivent et vieillissent.Son trop d’amour était donc un défaut d’amour.